Vous venez de signer l’acte authentique, vous avez les clés de votre nouvelle maison, tout le monde vous félicite… et pourtant, vous vous sentez vide, angoissé, voire déprimé. Vous regrettez votre achat, vous ne voyez que les défauts et la dette sur 25 ans vous oppresse. Ce sentiment violent et inattendu porte un nom : le « Buyer’s Remorse » (le regret de l’acheteur). Rassurez-vous, c’est un phénomène psychologique courant et souvent temporaire.
Les infos à retenir
- 📉 Un phénomène classique : La dépression post-achat touche de nombreux nouveaux propriétaires. C’est la retombée de l’adrénaline après des mois de recherche et de stress administratif.
- 💸 La peur financière : L’engagement sur 20 ou 25 ans est vertigineux. L’angoisse est souvent liée à la perte de liquidités (l’épargne a disparu dans l’apport) et à la peur de l’avenir.
- 🏠 La réalité vs le rêve : Une fois dedans, on ne voit plus le potentiel, on voit les travaux, les défauts cachés et l’entretien. C’est le choc de la réalité.
- ✅ La solution : le temps. Ne prenez aucune décision hâtive (ne remettez pas en vente !). Il faut environ 6 à 12 mois pour s’approprier les lieux et transformer ce bâtiment en « chez-soi ».
Pourquoi je me sens mal alors que je devrais être heureux ?
L’achat d’une maison est l’un des événements les plus stressants de la vie (au même niveau qu’un mariage ou un changement de carrière).
L’épuisement mental : Vous avez passé des mois à visiter, négocier, monter le dossier de prêt, gérer le notaire. Une fois l’acte signé, le but est atteint, et le corps relâche la pression. C’est le « baby-blues » immobilier.
Le deuil de l’idéal : En cherchant, vous aviez une maison idéale en tête. En achetant, vous avez fait des compromis. Une fois installé, ces compromis (la route un peu bruyante, la cuisine à refaire) vous sautent aux yeux et vous avez l’impression d’avoir fait une erreur.
La peur de l’engagement financier (et des travaux)
C’est souvent le moteur de l’angoisse. Signer pour 200 000 € ou 500 000 € de dette est un acte lourd.
De plus, l’emménagement révèle souvent les petits défauts invisibles à la visite : une prise qui ne marche pas, une fuite, une chaudière capricieuse. Vous passez du statut de locataire (où l’on appelle le proprio) au statut de responsable de tout. Cette charge mentale soudaine peut provoquer un sentiment de panique et d’enfermement (« Je suis coincé avec cette maison »).

Comment surmonter cette phase de regret ?
1. Arrêtez de regarder les annonces : C’est la pire chose à faire. Désinstallez SeLoger et LeBonCoin. Continuer à regarder le marché ne fera que nourrir vos doutes (« J’aurais pu trouver mieux »).
2. Concentrez-vous sur une seule pièce : Ne regardez pas l’ampleur des travaux de toute la maison. Aménagez une pièce refuge (le salon ou la chambre) pour qu’elle soit parfaite et chaleureuse. Cela vous donnera un point d’ancrage positif.
3. Invitez des amis : Le regard bienveillant des proches (« Wow, c’est grand ! », « Le jardin est super ») aide à revaloriser votre achat et à voir les qualités que vous aviez oubliées.
L’avis du psychologue
« Le regret de l’acheteur est un mécanisme de défense. Notre cerveau déteste l’irréversible. Avoir signé pour 25 ans est perçu comme une menace à notre liberté. Je dis à mes patients : ‘Laissez-vous 6 mois’. N’essayez pas de tout rénover tout de suite. Vivez dans la maison, apprivoisez les bruits, la lumière. Dans 90% des cas, l’angoisse disparaît quand les cartons sont vides et que la routine s’installe. Si la dépression persiste au-delà d’un an, alors on pourra parler de revendre, mais pas avant. »
Laissez le temps transformer la maison en foyer
Ce que vous ressentez n’est pas forcément le signe que la maison est mauvaise, mais le signe que le changement est brutal. Cette « dépression » est une phase d’adaptation. Soyez indulgent avec vous-même, acceptez que tout ne soit pas parfait tout de suite. Avec le temps, les souvenirs heureux remplaceront le stress de la signature.
Foire Aux Questions (FAQ)
📉 Si je revends tout de suite, combien je perds ?
Revendre dans la première année est financièrement désastreux. Vous perdez les frais de notaire (7-8%) et les frais d’agence, qui ne sont pas amortis. Il faut généralement 5 à 7 ans pour amortir ces frais. C’est pourquoi il faut attendre.
🛠️ Les travaux me terrorisent, par où commencer ?
Priorisez le « clos et couvert » (toiture, fenêtres) et le chauffage. La déco peut attendre. Si vous êtes dépassé, faites appel à un architecte ou un maître d’œuvre pour une mission de conseil, juste pour hiérarchiser et dédramatiser.
🏠 Et si c’est vraiment une mauvaise maison (vices cachés) ?
Si votre dépression est liée à la découverte de problèmes graves non visibles (mérule, fondations fissurées…), ce n’est plus de la psychologie, c’est du juridique. Contactez votre protection juridique pour envisager un recours pour vice caché ou dol.









