Vous souhaitez envoyer des médicaments à un proche en voyage ou expatrié qui ne trouve pas son traitement sur place. L’intention est louable, mais la réalisation est un champ de mines juridique. Les médicaments ne sont pas des marchandises comme les autres. Leur transport est soumis à des restrictions douanières drastiques, tant au départ de France qu’à l’arrivée dans le pays de destination.
Les infos à retenir
- 🌍 Le principe : Interdiction sauf exception. De nombreux pays (USA, Canada, etc.) interdisent strictement l’importation de médicaments par voie postale pour les particuliers, craignant le trafic ou la contrefaçon.
- 📄 L’ordonnance est obligatoire : Si l’envoi est toléré, il doit systématiquement être accompagné de l’ordonnance originale (et idéalement de sa traduction) justifiant le traitement pour le destinataire.
- 🚫 Les produits prohibés : Les psychotropes, stupéfiants (anxiolytiques, somnifères, dérivés morphiniques) et produits nécessitant une conservation au froid sont interdits d’envoi postal.
- 📦 La quantité limitée : L’envoi doit correspondre à un usage personnel (généralement 3 mois de traitement maximum). Au-delà, c’est considéré comme de l’importation commerciale illégale.
La distinction entre l’Union Européenne et le Monde
Les règles changent radicalement selon la destination du colis.
Au sein de l’Union Européenne (Schengen)
La circulation est plus libre, mais pas totale. Vous pouvez envoyer des médicaments à usage personnel, à condition qu’ils soient licites dans le pays de départ et d’arrivée. Il n’y a pas de contrôle douanier systématique, mais en cas de contrôle volant, l’absence d’ordonnance peut entraîner la saisie.
Hors Union Européenne (International)
C’est là que ça se complique. Chaque pays a sa propre souveraineté sanitaire.
– Les États-Unis (FDA) : Ils sont très stricts. La FDA interdit généralement l’importation de médicaments par courrier, sauf cas de « compassionate use » très encadrés. Le risque de saisie et de destruction est de 90%.
– Le Maghreb / Afrique : Les douanes sont vigilantes sur les quantités pour éviter le marché noir. L’ordonnance est impérative.
Comment préparer le colis pour éviter la saisie ?
Si vous tentez l’envoi (à vos risques et périls pour la saisie), respectez ce protocole scrupuleux :
1. L’emballage d’origine : Les médicaments doivent être dans leurs boîtes scellées, avec la notice. Jamais de pilules en vrac.
2. La déclaration en douane (CN22/23) : Soyez précis. N’écrivez pas « Health products » (trop vague). Écrivez « Medicines for personal use » (Médicaments pour usage personnel). Déclarez la valeur réelle.
3. Les documents joints : Glissez une copie de l’ordonnance lisible à l’intérieur du colis, et une autre dans la pochette plastique extérieure avec le bordereau.
4. La quantité : Ne dépassez jamais 3 mois de traitement. Une quantité supérieure sera automatiquement bloquée comme « importation commerciale ».

Le cas critique des psychotropes et stupéfiants
C’est la ligne rouge. Envoyer du Xanax, du Valium, de la Ritaline ou des dérivés de morphine par la poste est considéré comme du trafic international de stupéfiants. Les scanners postaux détectent ces produits. Non seulement le colis sera détruit, mais l’expéditeur (vous) et le destinataire s’exposent à des poursuites pénales lourdes. Si votre proche a besoin de ces traitements, il doit consulter un médecin sur place.
L’avis du déclarant en douane
« Les gens pensent bien faire en envoyant du Doliprane ou des antibiotiques à leur enfant en Erasmus. Mais ils oublient que la douane ne sait pas ce qu’il y a dans la poudre blanche des gélules. Pour un douanier, un médicament non identifié ou sans ordonnance est une drogue potentielle. Mon conseil : pour les médicaments vitaux, voyagez avec eux en soute. Pour le reste, envoyez de l’argent pour qu’ils les achètent sur place, c’est plus sûr. »
Une opération risquée et aléatoire
Envoyer des médicaments par la poste à l’étranger est une loterie. Si cela passe souvent pour des petits envois intra-européens, c’est une opération à haut risque de saisie pour l’international. La meilleure solution reste toujours que le patient consulte un médecin localement pour obtenir une prescription valide dans le pays de résidence.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Puis-je envoyer des compléments alimentaires ?
Oui, c’est généralement plus souple, à condition qu’ils ne contiennent pas de substances interdites dans le pays de destination (ex: certains produits de musculation ou à base de CBD). La déclaration douanière reste obligatoire.
✈️ Est-ce différent par transporteur express (DHL, FedEx) ?
Oui, c’est pire. Les transporteurs privés (FedEx, UPS, DHL) ont leurs propres services de douane intégrés et scannent 100% des colis. Ils bloqueront systématiquement tout envoi de médicaments non accompagné de documents d’importation complexes. La Poste classique est paradoxalement « moins pire » car les contrôles sont aléatoires.
🌡️ Et l’insuline ?
Interdit. L’insuline nécessite une chaîne du froid stricte (+2°C/+8°C). Les réseaux postaux ne garantissent pas la température. Le produit arriverait dégradé et dangereux. Il faut passer par des transporteurs spécialisés « Santé » très coûteux.









