Vous avez obtenu une promotion, réussi un examen ou mené un projet à bien, mais au lieu de ressentir de la fierté, une petite voix vous murmure que vous ne le méritez pas ? Vous avez l’impression de tromper votre entourage et vous vivez dans la peur constante d’être « démasqué » ? Vous n’êtes pas seul(e). Ce sentiment a un nom : le syndrome de l’imposteur.
Ce phénomène psychologique, qui touche des millions de personnes (hommes et femmes), n’est pas une maladie mentale, mais un mécanisme de doute intense qui peut paralyser et gâcher vos succès. Comprendre ses rouages est la première étape pour s’en libérer.
Les infos à retenir
- ✅ Ce n’est pas une maladie, mais un schéma de pensée : Le syndrome de l’imposteur n’est pas un trouble psychiatrique. C’est un schéma de doute persistant qui touche des personnes objectivement compétentes.
- 📉 Le symptôme clé : l’attribution externe. La personne attribue systématiquement ses succès à des facteurs externes (la chance, le hasard, « ce n’était pas si difficile ») et ses échecs à des causes internes (« je suis nul(le) »).
- 😱 La peur d’être « démasqué » : Le sentiment dominant est la peur que les autres découvrent « la supercherie », que vous n’êtes pas aussi intelligent(e) ou compétent(e) qu’ils le croient.
- 🗣️ La solution : verbaliser et objectiver. La guérison passe par la parole (en parler à un tiers de confiance, un thérapeute) et par la capacité à objectiver ses propres succès.
Comment se manifeste le syndrome de l’imposteur au quotidien ?
Ce syndrome n’est pas un simple manque de confiance en soi. C’est un véritable cycle qui s’auto-alimente. Il se manifeste principalement de trois façons :
1. La peur d’être démasqué(e)
C’est la peur centrale. La personne vit avec l’angoisse permanente que ses collègues, ses amis ou ses supérieurs découvrent qu’elle n’est pas à la hauteur de la réputation qu’on lui prête. Chaque nouveau projet ou chaque nouvelle responsabilité est vécue non pas comme une opportunité, mais comme un nouveau risque d’être découvert.
2. L’attribution des succès à la chance
Face à une réussite, la réaction d’une personne souffrant de ce syndrome n’est jamais « Je l’ai mérité grâce à mes compétences ». C’est toujours : « J’ai eu de la chance », « Le jury a été indulgent », « On m’a aidé(e) », ou « Le sujet était facile ». Elle est incapable d’internaliser et de s’approprier son propre succès.
3. Le cycle du perfectionnisme ou de la procrastination
Pour gérer l’angoisse de l’échec, la personne va adopter deux stratégies extrêmes. Soit le surinvestissement (perfectionnisme) : elle va travailler deux fois plus que les autres, se préparer à l’excès, pour que son succès soit irréprochable. Soit, à l’inverse, la procrastination : elle va repousser la tâche au dernier moment, par peur de l’échec. Dans les deux cas, le succès, s’il arrive, sera justifié : « J’ai réussi parce que j’ai travaillé comme un(e) fou/folle » ou « J’ai réussi par un coup de chance de dernière minute », mais jamais grâce à sa compétence intrinsèque.

Quelles sont les causes de ce sentiment d’imposture ?
Ce syndrome prend souvent racine dans l’enfance. Il est fréquent chez les personnes qui ont reçu des messages ambivalents, par exemple des parents qui valorisaient l’intelligence (« tu es si doué(e) ») mais critiquaient l’effort, créant une pression pour réussir « naturellement ». Il est aussi très présent chez les personnes issues de milieux où elles se sentent en décalage (être la première de la famille à faire des études supérieures, être une femme dans un milieu d’hommes…). Ce sentiment d’être un « intrus » ou un « transfuge de classe » alimente l’idée qu’on n’a pas sa place.
Comment commencer à surmonter ce syndrome ?
On ne « guérit » pas du syndrome de l’imposteur en un jour, mais on peut « apprivoiser » la petite voix du doute par des actions concrètes.
➡️ 1. Le verbaliser et briser le silence
C’est l’étape la plus importante. L’imposture se nourrit du secret. Le simple fait de dire à voix haute « Je me sens comme une imposture » à un ami, un collègue bienveillant ou un thérapeute est incroyablement libérateur. Vous réaliserez très vite que vous n’êtes pas seul(e) et que des personnes que vous admirez ressentent la même chose.
➡️ 2. Tenir un « journal des succès »
Forcez votre cerveau à objectiver. Prenez un carnet et notez chaque jour une chose que vous avez réussie, aussi petite soit-elle (« j’ai bien géré cette réunion », « j’ai aidé tel collègue »). Relisez-le lorsque le doute monte. Cela vous aidera à réattribuer vos succès à vos compétences.
➡️ 3. Accepter « l’assez bien »
Combattez le perfectionnisme. Forcez-vous à rendre un dossier en sachant qu’il n’est pas parfait à 100%, mais qu’il est « assez bien ». Acceptez de faire des erreurs et voyez-les comme une opportunité d’apprentissage, et non comme la preuve de votre nullité.
L’avis de la coach de carrière
« Le syndrome de l’imposteur, c’est mon quotidien avec mes clientes. Surtout les femmes, à qui on a appris à être modestes. Je leur donne un exercice simple : apprendre à répondre à un compliment. Au lieu de dire ‘Oh non, c’est normal, j’ai eu de la chance’, apprenez à dire ‘Merci, je suis fière de ce travail’. C’est un entraînement. Il s’agit de rééduquer son cerveau à accepter la reconnaissance, à commencer par la sienne. »
Vous n’êtes pas une imposture, vous êtes juste humain
Ressentir le syndrome de l’imposteur n’est pas un signe de faiblesse, c’est paradoxalement souvent le signe d’une grande conscience professionnelle et d’une volonté de bien faire. C’est une bataille de tous les jours, mais en apprenant à reconnaître les mécanismes du doute et à célébrer vos victoires, vous pourrez faire taire cette voix et enfin prendre la place qui vous revient.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Quelle est la différence entre le syndrome de l’imposteur et la simple humilité ?
L’humilité, c’est avoir une conscience juste de sa valeur, sans arrogance. Le syndrome de l’imposteur, c’est avoir une conscience faussée et négative de sa valeur. Une personne humble accepte un compliment, une personne « imposteur » le rejette car elle pense ne pas le mériter.
🤯 Est-ce que ça disparaît un jour ?
Pour beaucoup, cela ne disparaît jamais complètement. C’est un schéma de pensée qui peut revenir lors de nouveaux défis (un nouveau poste, un nouveau projet). La différence, c’est qu’avec le temps, on apprend à reconnaître la voix du doute, à ne plus la croire, et à agir malgré elle.
🧠 Est-ce lié au fait d’être HPI (Haut Potentiel Intellectuel) ?
C’est un trait très fréquemment observé chez les personnes HPI. Leur pensée complexe, leur lucidité et leur tendance à se comparer à un idéal inaccessible peuvent nourrir un sentiment d’imposture, malgré des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne.









