C’est un dilemme aussi courant que douloureux. Votre relation est confortable, vous partagez une grande tendresse, une complicité, et vous tenez à elle. Pourtant, une pensée vous hante : vous êtes bien, mais vous n’êtes pas « amoureux ». Les papillons des débuts ont disparu, ou n’ont peut-être jamais été là. Faut-il rompre et tout risquer pour une « passion » incertaine, ou se contenter de cet amour confortable ?
Les infos à retenir
- 🤔 Le piège de la « passion » : Ne confondez pas l’amour-passion (l’état fusionnel et chimique des débuts) avec l’amour-attachement (profond, basé sur le confort, la confiance et le projet de vie).
- 💔 La peur de la solitude : La vraie question est souvent : « Est-ce que je reste parce que je l’aime, ou parce que j’ai peur d’être seul et de ne pas trouver mieux ? ». L’honnêteté de cette réponse est la clé.
- 👍 L’attachement EST une forme d’amour : Se sentir « bien », en sécurité, en confiance et dans une profonde tendresse avec quelqu’un, c’est une forme d’amour très réelle et très précieuse, souvent plus durable que la passion.
- 🗣️ L’honnêteté est la seule issue : Rester dans une situation ambiguë sans en parler est ce qui cause le plus de souffrance. Une discussion honnête, ou une thérapie, est nécessaire pour clarifier vos sentiments.
Faites-vous la différence entre l’amour-passion et l’amour-attachement ?
C’est le cœur du problème. Notre culture idéalise l’amour-passion, cet état d’excitation, de manque et d’euphorie des premiers mois. C’est un état chimique, intense, mais qui ne peut pas durer. Aucune relation ne reste dans cet état fusionnel. Avec le temps, la passion s’apaise et doit, pour qu’une relation dure, se transformer en amour-attachement.
L’amour-attachement est basé sur la confiance, la tendresse, le respect mutuel et le projet de vie commun. Il est moins spectaculaire, mais bien plus profond et résilient. La question à vous poser n’est donc pas : « Est-ce que je ressens la passion des débuts ? », mais : « Est-ce que je tiens profondément à cette personne ? Est-ce que je la respecte ? Est-ce que je me vois construire un futur avec elle ? ». Si la réponse est oui, vous êtes peut-être amoureux, mais d’un amour mature.
Comment savoir si c’est de l’amour ou juste de la « commodité » ?
C’est la question la plus difficile, et elle demande une introspection radicale. Le confort est agréable, mais il peut aussi être un piège.
➡️ Le test de la peur
Essayez d’identifier la véritable source de votre hésitation à partir. Est-ce la peur de lui faire du mal ? Est-ce la peur d’être seul, de devoir déménager, de bouleverser un équilibre financier ? Si vos raisons de rester sont principalement basées sur la peur ou la culpabilité, et non sur un désir actif d’être avec elle, c’est un signal d’alarme. L’amour ne doit pas être un refuge contre la peur.
➡️ Le test du projet
Vous sentez-vous capable de vous projeter avec enthousiasme avec elle dans 5 ou 10 ans ? Ou cette idée vous angoisse-t-elle ? Le désir de construire un futur commun est un marqueur fort de l’amour-attachement.

Que faire de ce sentiment ?
Rester dans cet entre-deux est douloureux pour vous et injuste pour elle. Vous devez prendre une décision.
1. Raviver la flamme : Avant de tout jeter, essayez de « ré-investir » la relation. Organisez un voyage, de nouvelles activités, surprenez-la… Parfois, la routine est la seule responsable de l’ennui, et non l’absence de sentiments.
2. Parler : Si le malaise persiste, une discussion honnête, bien que difficile, est nécessaire. Parfois, le fait d’exprimer ses doutes peut libérer la parole et amener le couple à trouver un nouveau souffle… ou à acter la fin.
3. Consulter : Parler à une personne neutre (un thérapeute, seul ou en couple) est une aide précieuse pour faire le tri dans vos émotions, comprendre ce qui vous retient, et ce que vous cherchez vraiment.
L’avis du thérapeute de couple
« ‘Je suis bien mais pas amoureux’, c’est une phrase que j’entends toutes les semaines. C’est souvent le symptôme d’une vision idéalisée de l’amour, comme s’il devait être une passion permanente. Je demande souvent à mes patients : ‘Aimez-vous la personne qu’elle est *vraiment* ?’ L’amour, c’est aussi accepter l’autre dans son quotidien, c’est le confort et la sécurité. C’est un choix. La vraie question est : êtes-vous prêt à faire le choix de cet amour-là, ou êtes-vous encore à la poursuite de l’excitation de la passion ?' »
L’honnêteté comme seule boussole
Ce dilemme n’a pas de réponse facile. Rester peut être une sage décision de construire sur un attachement profond, ou une lâcheté par peur de la solitude. Partir peut être une quête courageuse de l’épanouissement, ou une illusion immature. La seule solution est d’être radicalement honnête avec vous-même. Quoi que vous décidiez, assumez-le. L’incertitude est le pire des états, pour vous comme pour elle.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 Peut-on aimer quelqu’un sans être « amoureux » ?
Oui. L’amour-attachement (tendresse profonde, souci de l’autre, complicité) est une forme d’amour. L’état « amoureux » (passion, obsession, papillons) est une phase, souvent temporaire. On peut aimer profondément sans être dans cet état d’euphorie.
💔 Si je pars, vais-je le regretter ?
C’est un risque réel. Vous risquez de réaliser que le confort et la sécurité que vous aviez étaient bien plus précieux que la passion que vous cherchiez. Mais vous risquez aussi, en restant, de regretter toute votre vie de ne pas avoir cherché un amour qui vous faisait vibrer. Il n’y a pas de choix sans risque.
➡️ La baisse de désir sexuel signifie-t-elle la fin de l’amour ?
Non, pas forcément. La baisse de désir est très fréquente dans les relations longues. Elle est souvent liée à la routine, au stress, à la fatigue, et non à l’absence de sentiments. C’est un problème qui peut se travailler en couple, par la communication et la redécouverte de l’intimité.









