La relation avec une personne atteinte de troubles bipolaires peut être intense et enrichissante, mais aussi marquée par des hauts et des bas déroutants. L’un des événements les plus douloureux et incompréhensibles est la rupture soudaine : un jour tout va bien, le lendemain, tout est fini. Cette impulsivité est-elle un symptôme du trouble ?
Il est essentiel de le comprendre : si le trouble bipolaire ne « cause » pas la rupture, il peut fortement influencer les prises de décision. Cet article vise à éclairer les mécanismes en jeu, non pour stigmatiser, mais pour aider à comprendre et à se protéger.
Les infos à retenir
- 🧠 L’impulsivité comme symptôme : La rupture soudaine peut être un acte impulsif survenant lors d’une phase d’hypomanie ou de manie, où la perception de la réalité et des conséquences est altérée.
- 📉 Le retrait dépressif : À l’inverse, une rupture peut aussi survenir lors d’une phase dépressive, où la personne se sent indigne d’être aimée, pense être un fardeau et s’isole pour « protéger » l’autre.
- ❌ Ne pas tout mettre sur le dos de la maladie : Une personne bipolaire reste un individu. La rupture peut aussi être une décision mûrement réfléchie, totalement indépendante de son trouble.
- 🛡️ Se protéger avant tout : En tant que partenaire, il est crucial de ne pas devenir le « thérapeute ». Vous devez fixer vos propres limites et protéger votre propre santé mentale face à cette instabilité.
Quel est le lien entre le trouble bipolaire et les décisions impulsives ?
Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur caractérisé par l’alternance de phases dépressives (humeur très basse, perte d’énergie) et de phases d’excitation (hypomanie ou manie). C’est durant ces phases d’excitation que le risque de décisions soudaines est le plus élevé.
➡️ L’impact de la phase d’hypomanie ou de manie
Lors d’une phase « haute », la personne peut ressentir une énergie débordante, une confiance en soi exacerbée et une diminution du besoin de sommeil. Sa perception de la réalité est altérée. Elle peut trouver sa vie de couple soudainement « ennuyeuse » ou « contraignante » face à ses nouveaux projets grandioses. La rupture est alors un acte impulsif, une recherche de nouveauté et de liberté, sans pleine conscience des conséquences. La personne peut sincèrement penser que vous êtes un frein à son épanouissement.
➡️ L’impact de la phase dépressive
La rupture peut aussi survenir en phase « basse ». La personne est submergée par des sentiments de culpabilité, d’inutilité et de désespoir. Elle peut se sentir comme un fardeau pour son entourage. La rupture n’est alors pas un acte de rejet, mais une tentative douloureuse de « libérer » son partenaire du poids de sa maladie. C’est une décision motivée par une vision très négative d’elle-même.

Comment réagir face à une rupture qui semble être un symptôme ?
La première règle est de ne pas entrer dans le jeu de la crise. Si vous sentez que la rupture est le fruit d’une phase (maniaque ou dépressive), il est inutile d’argumenter sur le fond. Vous parlez à la maladie, pas à la personne.
Il est essentiel de prendre de la distance pour vous protéger. Exprimez vos sentiments calmement, mais ne vous laissez pas entraîner dans le chaos émotionnel. Dites que vous respectez sa décision, mais que vous restez disponible pour en reparler lorsque l’humeur sera stabilisée.
Enfin, contactez (si possible et si vous le jugez nécessaire) le « cercle de soin » de la personne (son psychiatre, son thérapeute, un membre de sa famille de confiance) pour les alerter que la personne est potentiellement en phase de décompensation.
L’avis de la psychologue clinicienne
« Vivre avec une personne bipolaire demande d’accepter qu’on ne peut pas la ‘guérir’. Le partenaire n’est pas le thérapeute. Face à une rupture impulsive, il faut se protéger soi-même. La question n’est pas ‘Comment le faire revenir ?’, mais ‘Comment puis-je rester stable face à cette instabilité ?’. Poser des limites claires et refuser d’être le punching-ball émotionnel est la seule attitude saine, tout en encourageant la personne à maintenir son traitement et son suivi médical. »
Protéger sa propre stabilité avant tout
Une rupture est toujours une épreuve. Lorsqu’elle est le fait d’une personne atteinte de trouble bipolaire, elle peut être d’une violence et d’une incompréhension extrêmes. Il est important de ne pas rester seul avec cette souffrance. Faites-vous accompagner. Et rappelez-vous que, même si la personne regrette sa décision une fois la phase passée, la stabilité de la relation ne pourra se reconstruire que sur la base d’un engagement de soin rigoureux de sa part.
Foire Aux Questions (FAQ)
🤔 La personne va-t-elle regretter et revenir une fois la crise passée ?
C’est très fréquent. Une fois la phase (hypo)maniaque ou dépressive retombée, la personne peut réaliser la portée de ses actes et exprimer de profonds regrets. Le problème est que le cycle peut se reproduire si le trouble n’est pas stabilisé par un traitement de fond.
⚖️ Comment faire la différence entre une « vraie » rupture et un symptôme ?
C’est très difficile. Une « vraie » rupture est généralement précédée de signes avant-coureurs, de discussions, de conflits récurrents. Une rupture « symptomatique » est souvent brutale, inexpliquée, totale et survient en même temps que d’autres changements de comportement (dépenses excessives, insomnie, euphorie, ou au contraire, isolement total).
💔 Comment puis-je l’aider s’il/elle est en crise ?
Vous ne pouvez pas le « sauver ». Votre seul rôle est de l’encourager à contacter son médecin ou son psychiatre. Si vous estimez qu’il y a un danger pour elle-même ou pour autrui, vous devez contacter les services d’urgence ou le tiers de confiance (famille) qui gère sa santé.









